Thérapie par Pression Négative (TPN) : de la cicatrisation dirigée à la cicatrisation mécanique

Depuis une dizaine d’année se développe en France la Thérapie par Pression Négative (TPN) avec le système VAC®, aussi appelé par les plus avertis : la « VACthérapie ». Ce n’est que depuis quelques mois que sont apparus des concurrents à ce système jusqu’alors unique, sous le nom de V1STA®, VENTURI® ou encore Wound Assist®.
Ils tentent tous de répondre à un même principe : créer une pression négative sur le lit d’une plaie afin d’accélérer son bourgeonnement et réduire ainsi son temps de cicatrisation.
Quand utiliser la TPN ?

Elle est indiquée sur des plaies dont l’objectif est de bourgeonner. Elle est donc inefficace sur une plaie nécrosée, même si elle est cavitaire et doit être comblée. De même, elle est contre indiquée sur les lésions tumorales (risque d’évolution de la masse tumorale), les fistules non explorées, les vaisseaux ou organes exposés (susceptibles de ne pas supporter la dépression exercée par le pansement) et les ostéomyélites non traitées.
Elle doit être mise en place avec précaution et sous surveillance si la plaie saigne (risque hémorragique), si le patient présente des troubles de la coagulation, ou s’il y a infection et/ou présence de fragments osseux.
Une fois ces quelques principes respectés, la TPN peut être posée sur de nombreux types de plaies, chroniques ou aiguës, afin de réduire un temps de cicatrisation dirigée, ou encore en alternative à un traitement chirurgical. Comme dans tout traitement de plaie, elle est optimum si elle est gérée en interdisciplinarité (binôme médecin-infirmière ou chirurgien-infirmière)

Le pansement

Bien entendu, une première pose de TPN peut sembler inquiétante tant le déroulement du soin diffère de nos habitudes. Pourtant, ce soin est simple sitôt que vous avez compris en quoi il consiste, ainsi que ses différentes étapes

Les différents systèmes ont en commun d’être composé de :
• Un moteur, pour créer la pression négative,
• Un réservoir, solidarisé avec le moteur, afin de recueillir les exsudats,
• Un kit de pose (stérile), lui-même composé d’une mousse ou d’une compresse, de films semi-perméables et d’un drain ou Trac pad®.

Comme tout pansement appartenant à une même « famille », il y a des différences entre chacun même s’ils répondent tous à un même concept.
Fort de son ancienneté, le VAC® garde une avance technologique avec son appareil portatif pour les patients mobiles, sa mousse déclinée en plusieurs épaisseurs ou densités selon le vista.giftype de plaie, et un drain original et adhésif (le Trac pad®) qui facilite le soin et la bonne tenue du pansement. Ses détracteurs lui reprochent essentiellement son prix (location du moteur et achat des consommables) qui limite son utilisation dans certains établissements.
Les autres systèmes utilisent des mêmes compresses en contact avec la plaie (avec antimicrobien) avec des drains plats ou canal (rond) siliconés selon la localisation à traiter. La difficulté la plus fréquemment rencontrée est de réussir à conserver l’occlusion du pansement à l’endroit où le drain ressort. Pour ce faire, la plupart des fabricants proposent des adhésifs afin de renforcer cette zone.

Certains d’entre eux (V1STA®) mettent systématiquement à disposition dans leur kit un protecteur cutané (Skin Prep®) et une interface pour prévenir la douleur au retrait du pansement (VENTURI®, Wound Assist®, V1STA®).

Les limites de la TPN

• Les résultats d’une Thérapie par Pression Négative bien conduite sont parfois surprenants.
Cependant, il ne faut pas oublier l’absolue nécessité de préparer correctement la plaie à recevoir ce traitement (ex : détersion mécanique) et corriger simultanément et tant que possible les facteurs étiologiques (ex : escarre => levée de l’hyperpression à l’aide de supports adaptés et de fréquentes mobilisations).
« Cacher » une plaie qui ne peut cicatriser sous un système de TPN est une dérive coûteuse, utopique et inutile.
• La TPN est utilisée dans le cadre d’une hospitalisation (ou HAD). Elle ne dispose pas d’une cotation spécifique.

Conclusion

Cet article n’est qu’une synthèse, un aperçu rapide du concept de cette thérapie. Son utilisation peut être adaptée à de nombreuses situations, parfois complexes : traitement simultané de plusieurs plaies avec un seul moteur, mousses spécifiques s’il y a infection (avec bactéricide) ou site particulier de plaie (ex : après chirurgie digestive avec ventre ouvert), etc…

Les experts semblent s’accorder à dire que les nouveaux systèmes donnent de bons résultats sur les plaies dites « simples » (ex : sur une surface plane), mais n’égalent pas le VAC® sur des plaies plus compliquées.
Cependant les débats restent ouverts jusqu’à ce que chacun, preuve à l’appui, démontre (ou non) la supériorité de son matériel.
Isabelle Fromantin – Sylvie Meaume –

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