La Haute autorité de santé (HAS) recommande aux professionnels de santé d’aborder systématiquement la question des violences conjugales avec leurs patientes.

Les violences au sein d’un couple sont des situations fréquentes qui représentent un réel problème de santé publique. En moyenne en France, 219 000 femmes âgées de 18 à 75 ans sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles commises par leur ancien ou actuel partenaire intime, au cours d’une année (soit 25 victimes par heure), indique la HAS dans ses recommandations de bonne pratique de repérage des femmes victimes. de violences au sein du couple.

Il faut rajouter à ces chiffres les violences psychologiques et verbales (non comptabilisées dans les études) qui peuvent aussi avoir des conséquences graves sur la santé physique et psychique et le vécu de la victime.

Les femmes restent les premières victimes des violences conjugales, les hommes peuvent aussi être victimes de ces violences, rappelle la HAS.

Questionner, sans signes d’alerte

“La plupart des femmes ne parlent pas spontanément des violences qu’elles subissent“, indique la HAS, qui précise que “la démarche de repérage des violences au sein du couple est globalement bien acceptée par les patientes qui sont plus enclines à révéler des situations de violences si le sujet est abordé par le professionnel de santé“. Le groupe de travail s’accorde sur le fait que le questionnement sans point d’appel n’induit pas d’effet néfaste chez les patientes.

“Cette démarche de repérage de la violence constitue une première étape dans la prise en charge et contribue à rompre le silence et à protéger la victime“. Il est ainsi recommandé de l’intégrer systématiquement dans la démarche diagnostique médicale (entretien, constitution du dossier médical, examens cliniques et para cliniques) a fortiori chez la femme enceinte.

Il est recommandé de débuter l’entretien par des questions “de préférence ouvertes“, avec lesquelles le professionnel de santé “se sent à l’aise“, et “adaptées à la patiente“.

Devant des signes d’alerte

Il est recommandé de penser systématiquement à un risque de violences au sein d’un couple face à des signes d’alerte : anxiété, dépression, plaintes fonctionnelles, douleurs chroniques, consultations itératives, comportements inhabituels ou inadaptés de la patiente et/ou de son conjoint et/ou de ses enfants…

La HAS rappelle que les facteurs de risque “ne sont pas des facteurs prédictifs“. “Tous les milieux sociaux sont concernés, avec un repérage potentiellement plus difficile dans les milieux favorisés“.

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