Des médecins contre la vaccination en officine et les transferts de compétence aux pharmaciens

Paris, le lundi 20 mai 2019 – Un collectif de « médecins en colère » a déposé une pétition sur le site mesopinions.com, qui a déjà recueilli près de 6 400 signatures, pour dénoncer la généralisation de la vaccination contre la grippe en officine et d’autres transferts de compétences aux pharmaciens.
Une concurrence vénale et déloyale

« Si la vaccination contre la grippe réalisée en pharmacie dans les zones déficitaires en offre de soin était une bonne idée de derniers recours afin d’améliorer la couverture vaccinale, elle l’est beaucoup moins dans tout le reste du territoire » soulignent les auteurs de ce texte.

Les praticiens déplorent par ailleurs la responsabilité des « puissants syndicats de pharmacie » qui auraient profité « de la couverture vaccinale insuffisante » pour pouvoir exercer « une concurrence vénale déloyale à l’encontre des infirmiers et infirmières libéraux ainsi que des médecins généralistes ».

Pour appuyer leur propos, les initiateurs de cette pétition qui sera adressée à Agnès Buzyn s’interrogent : « qu’en est il du coût global de la vaccination anti-grippale pour la collectivité sachant que les médecins intègrent bien souvent cette vaccination dans une consultation globale de suivi sans aucune tarification supplémentaire à contrario du pharmacien qui lui sera systématiquement payé (…) ? Qu’en est il de l’activité de l’IDE dont la vaccination anti-grippale rapide et peu rémunératrice (de l’ordre de 7 euros à domicile…) vient compenser un peu les actes de soins longs, difficiles, parfois sales et mal rémunérés ? Qu’en est-il de la technicité d’un geste reproduit quotidiennement par médecins et corps infirmier depuis leur formation initiale et improvisé une fois par an par des pharmaciens qui n’ont aucune vocation à pratiquer des gestes techniques sur l’humain ? »

Sur le plan de la sécurité sanitaire ils s’alarment de l’incapacité, selon eux, des officinaux à prendre en charge d’éventuels « effets indésirables ».

« Aimer assurer son confort matériel n’est pas un défaut, mais le faire en dérogeant au principe des attributions d’expertise de chacun est autre chose » fustigent-ils. Pour eux, l’exercice officinal « devrait se concentrer sur l’expertise pharmacologique, seulement l’expertise pharmacologique et rien que l’expertise pharmacologique ».

Ils concluent en énumérant ce qui constitue pour eux de dangereux glissements de compétences : la prise en charge de la tension artérielle en officine, la possibilité de réaliser des audiogrammes « grossiers » (sic), la réalisation de « strepto tests distribués en catimini par la sécurité sociale dans les officines sans avoir aucune formation, ni pratique sur l’examen d’un fond de gorge et de l’ensemble de la sphère ORL ».

Source : www.jim.fr

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