Depuis le mois de septembre, les infirmiers peuvent suivre une nouvelle formation visant à leur donner plus de responsabilités

Aix-Marseille Université (Amu) avait un temps d’avance. Pionnière dans l’universitarisation des formations paramédicales, Amu proposait, depuis 2009, un master science clinique infirmière, une formation aujourd’hui remplacée par le nouveau diplôme d’infirmière en pratique avancé (IPA).

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La nouvellement nommée faculté des sciences médicales et paramédicales va diplômer les premières IPA de France en juillet prochain. L’occasion de revenir lors d’un colloque sur cette nouvelle formation, avant d’entamer les inscriptions pour la prochaine rentrée. Après leurs études en Ifsi (Institut de formation en soins infirmiers) d’une durée de trois ans, les infirmiers, ayant une expérience d’au minimum trois ans, vont pouvoir compléter leur arbre de compétences grâce à un nouveau diplôme de niveau master.

Cette formation est ouverte à tous les infirmiers en formation ou déjà en poste pratiquants qui souhaitent élargir leurs missions en accompagnant au quotidien le médecin. Les candidats peuvent s’inscrire sur la plateforme e-candidat d’Amu à partir d’avril 2018“, détaille Sébastien Colson, maître de conférences en sciences infirmières à la faculté des sciences médicales et paramédicales de Marseille.

Sur la plaquette de présentation d’Aix-Marseille Université, le métier d’IPA est présenté comme une forme innovante de travail interprofessionnel. “En acquérant des compétences relevant jusqu’alors du champ médical, il suivra des patients qui lui auront été confiés par un médecin, avec son accord et celui des patients. Il verra régulièrement ceux-ci pour le suivi de leurs pathologies, en fonction des conditions prévues par l’équipe”, peut-on lire sur le site internet d’Amu.

Les IPA ne remplaceront pas les médecins

Dans les faits, ces IPA pourront choisir en deuxième année une option spécialisée, qui leur permettra d’acquérir une expertise dans un secteur particulier. “Pendant ces deux ans, les élèves pourront choisir un parcours spécifique : les pathologies chroniques stabilisées, qui ont une visée ambulatoire, l’oncologie et les maladies rénales. Après un enseignement théorique, les infirmiers ont des périodes de stage dans des établissements hospitaliers pendant deux mois en première année, quatre lors de la seconde année”, annonce Philippe Berbis, vice-doyen de la faculté des sciences médicales et paramédicales.

Le but ici n’est pas de remplacer le médecin, mais bien de l’accompagner au quotidien dans le suivi des patients afin que ces derniers n’attendent pas de longs mois avant d’obtenir une consultation. Les premiers étudiants sont d’ores et déjà en stage dans plusieurs établissements de la région (AP-HM, hôpital Saint Joseph, IPC, Hôpital européen…), afin d’intégrer le parcours de soins et mettre en place leurs futures actions.

“À l’heure des déserts médicaux, il est important de faire gagner du temps aux médecins. Ces infirmiers d’un nouveau genre auront des responsabilités de suivi du patient, qui leur permettront de modifier ou renouveler des traitements ou encore de déclencher un lancement de chimiothérapie dans le cas de l’oncologie”, analyse M. Colson. Après l’obtention de leur diplôme, les étudiants pourront intégrer une équipe hospitalière avec une spécialisation bien précise.

5 000 IPA en France d’ici à 2022

Dans d’autres cas, certains auront l’occasion d’intégrer une maison de santé afin de surveiller le patient à son domicile. “Aujourd’hui, il n’est pas possible pour les IPA de travailler en libéral, ils doivent être rattachés à une équipe de soins, soit dans un hôpital, soit dans une maison de santé”, précise-t-il.

Avec 65 étudiants inscrits cette année, Amu espère en accueillir 80 l’an prochain, autant de personnes qui restent, pour le moment, dans un flou administratif. Aujourd’hui, aucun statut hospitalier n’a été officialisé par le ministère de la Santé. Une situation stressante pour les futurs infirmiers en pratiques avancées.

“Nos premiers diplômés sortiront de l’école en juillet prochain. Aujourd’hui, ils savent qu’ils vont être payés plus, mais pas encore combien, ni comment leurs nouvelles compétences vont être utilisées”, précise le maître de conférences. Mesure chère au président de la République et du plan Ma santé 2022, les IPA devraient être 5 000 en France d’ici à 2022. Un chiffre ambitieux auquel Amu contribue fortement.

Source : laprovence.fr