La télé-expertise entre blouses blanches améliore les soins
Tout médecin généraliste ou spécialiste peut avoir besoin de l’avis d’un confrère.

La start-up Rofim permet une analyse partagée des dossiers. Par Anne Jeanblanc

La tele-expertise permet d’ameliorer le niveau de tous les medecins et d’aider ceux qui exercent seuls, loin des grands CHU

La télé-expertise permet d’améliorer le niveau de tous les médecins et d’aider ceux qui exercent seuls, loin des grands CHU

Un patient, opéré quelques mois plus tôt en urgence à l’hôpital de la Timone (Marseille) pour une rupture de l’aorte, est hospitalisé à plus de 100 kilomètres de Marseille, dans un centre hospitalier régional. Il se plaint d’une violente douleur thoracique, pouvant être associée à une aggravation de ses lésions antérieures de l’aorte. Dès son arrivée, il bénéficie d’un scanner, mais cet hôpital n’est pas doté d’un service de chirurgie cardiovasculaire.

Fort heureusement, les radiologues présents peuvent adresser leurs images à leurs confrères de la Timone, où elles sont comparées avec d’autres, réalisées auparavant chez ce même malade. Constatant une absence totale de modification au niveau vasculaire, les chirurgiens marseillais écartent rapidement une éventuelle origine aortique des douleurs. Ce qui permet d’économiser un transport sanitaire inutile vers la Timone. D’autant plus que l’origine de la douleur aigüe est finalement identifiée et traitée rapidement.

Cette histoire, le Dr David Bensoussan aime la raconter, car elle résume bien l’intérêt de la start-up qu’il a lancée en novembre 2018. Rofim (qui signifie médecin en araméen biblique) doit, selon les dires de ce chirurgien vasculaire de la Timone, « faciliter et sécuriser les démarches, pour les généralistes, les spécialistes, les dentistes, les internes qui auraient besoin d’un avis, d’une expertise, d’un diagnostic de la part d’un confrère, sur le cas d’un patient plus ou moins complexe ». Elle réunit déjà près de 400 médecins et a permis des échanges sur environ 150 dossiers. « L’application est très simple d’utilisation et très intuitive », note Réjanne, une interne pour qui la plateforme se présente comme « une alternative aux réseaux sociaux, sur lesquels les médecins échangent déjà, mais avec une sécurisation des données. Et surtout un partage des images en temps réel avec une qualité défiant toute concurrence ».

De plus, la plateforme propose un fil d’actualité où les médecins peuvent poster tous types de publications, ainsi qu’une messagerie sécurisée, leur permettant la création de groupes fermés. Grâce à ce système, ils communiquent mieux entre eux et les libéraux ne se sentent plus isolés dans leur cabinet. Un spécialiste peut même recourir à l’avis d’un « hyperspécialiste », voire de plusieurs, comme le font les blouses blanches lors de staffs dans les différents services hospitaliers, afin de trouver la meilleure solution pour les cas les plus complexes.

« Jouons collectifs »
Il faut savoir que la télé-expertise entre médecins est en place depuis le 10 février 2019. Les avis entre confrères sont dorénavant valorisés et rémunérés par l’Assurance maladie (5 à 10 euros pour le médecin qui le sollicite et 12 à 20 euros pour celui qui répond en fonction de critères prédéfinis). Quant à l’inscription à l’application, elle est gratuite. D’où l’appel du Dr Bensoussan à tous ses confrères français, pour qu’ils rejoignent ce « cercle vertueux centré autour du malade » : « Inscrivez-vous, partageons nos cas, jouons collectif pour une prise en charge toujours plus rapide et efficace de nos patients ! »

Le point.fr

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